10/07/2009

Par Vincent Fossiez

François Fillon fait le point sur les Etats généraux

Boudés par la population locale, les Etats généraux se tiennent actuellement à la Réunion. François Fillon juge du degré de leur avancement.

En vidéo

JPG - 14,1 ko François Fillon en comagnie du président de Région Paul Vergès © RFO  Une foule importante et des danseuses de Maloya très « couleur locale ». L’arrivée de François Fillon à St-Pierre, une ville dirigée par l’UMP, a été soigneusement préparée. Après l’ovation, c’est devant un parterre de sympathisants que le chef du gouvernement s’est exprimé quant aux différentes mesures envisagées pour venir en aide à la Réunion. Le Premier ministre a annoncé les grandes lignes des projets du gouvernement. Il a notamment réaffirmé son soutien au secteur du BTP (Bâtiments et Travaux Publics) qui comprendra un plan à « taux zéro » pour les Très Petites Entreprises, mis en place à la fin du mois.

Mais les Réunionnais sont davantage préoccupés par la montée actuelle du chômage, estimé entre 25 et 30 %. Un sujet « chaud » pour lequel le Premier ministre a avancé quelques pistes. Il n’est pas envisagé d’avoir recours à la « multiplication des emplois publics », ni à « l’assistanat », ce qui ne constitue pas pour lui une « solution d’avenir. »

Pour faire renaitre l’activité de l’île, plusieurs plans de relance viennent d’être mis en place. Un grand espoir est notamment placé dans le financement de 370 millions d’euros dont les effets seront visibles dans « quelques semaines. » Récemment, la fin du chantier de la route des Tamarins avait marqué un coup d’arrêt dans la productivité de l’île. Le projet avait permis la création de 3 000 emplois.

La Réunion bientôt dans l’espace Schengen

JPG - 14,1 ko Le Premier ministre lors de son arrivée sur l’île © RFO  François Fillon a également rappelé sa volonté à voir la Réunion intégrer l’espace Schengen. Des démarches seront entamées pour la libre-circulation entre l’île et les pays membres de l’espace. « Je vais tout faire pour que la Réunion soit intégrée à l’espace Schengen » a t-il déclaré. Une annonce qui a suscité une grande satisfaction chez les maires des différentes communes présents lors du discours.

« C’est une avancée extraordinaire, s’exclame Didier Robert, député maire du Tampon, ça conforte la dimension de la Réunion comme espace économique avancé. A la fois comme tête de pont dans l’espace de l’océan Indien mais aussi au niveau européen en tant qu’aire française. »

Quant à l’éventualité d’envisager un référendum pour l’autonomie de l’île, comme cela a été le cas pour la Martinique, le Premier ministre écarte implicitement cette idée. "La Réunion peut compter sur l’affection, la solidarité et la fidélité de la République, et sur le soutien déterminé de son gouvernement". Une déclaration de taille lorsque l’on sait l’importance qu’attache l’île à son statut de département d’Outre-mer. Plus tard dans l’après-midi, François Fillon a confirmé cette annonce en déclarant qu’il n’était "pas question d’une séparation, encore moins d’un quelconque largage de la République" pour ses Départements d’Outre-mer.

Le Premier ministre a pareillement fait savoir qu’il confirmera la candidature de l’île pour l’admission de son parc au patrimoine de l’Unesco.

Une visite mouvementée

Des réactions positives donc, suite à l’annonce des différentes mesures entreprises par l’Etat pour la Réunion mais l’image lissée et sympathique de la foule présente durant son discours ne fait pas oublier le concert de klaxons sous lequel avait débuté sa journée. Massés à l’aéroport de Gillot et à la gare routière de St-Denis, les transporteurs ont exprimé leur mécontentement de manière pacifiste, sans bloquer les axes routiers, mais dans un brouhaha général. Ils ont réitéré leur action en début d’après-midi pour l’arrivée de M. Fillon à St-Paul, au viaduc du Bernica. Des manifestations généralisées sur l’île puisqu’au même moment à la préfecture de St-Pierre, une cinquantaine d’assistants d’éducation ont également fait remarquer leur mécontentement.

Une démonstration de force qui n’a pas perturbé l’inauguration de la route des Tamarins, 17 jours après son ouverture officielle à la circulation.

Les Etats généraux pérennisés

Aujourd’hui, les Etats généraux tâcheront de trouver un accord sur différents projets, de l’ordre de l’éducation, du développement durable, mais surtout de l’agriculture et l’annonce d’une prime bagasse de l’ordre de 10 à 12 euros pour les planteurs de cannes. Ce résidu de canne à sucre, servant à la production d’électricité est une des mannes principales de l’agriculture de l’île. Pour rappel, la canne à sucre occupe 60 % de la surface de production de la Réunion.

Une journée de vendredi chargée pour le Premier ministre. Ce dernier a d’ailleurs fait savoir qu’il comptait pérenniser les Etats généraux de l’Outre-mer, le temps de trouver toutes les solutions nécessaires aux problèmes actuels. "Une restitution nationale est prévue à la rentrée. Et nous nous réunirons, avec le président de la république, lors d’un conseil inter-ministériel de l’Outre-mer, pour marquer le temps des déçisions. Ces déçisions n’étant pas la fin du processus. Nous allons mettre en place un comité de suivi. Je propose qu’il y ai un rendez-vous annuel entre ces comités et le gouvernement, pour faire le point sur l’avancement de la mise en oeuvre des déçisions obtenues.

Demain, il se rendra à Mayotte, futur département d’Outre-mer, pour rencontrer le président de l’Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi et rendre hommage aux victimes du crash aérien du 30 juin dernier.

Commentaires