1er/10/2009

Par Maité KODA

Le temps de la restitution

Les rapporteurs des différentes commissions se sont retrouvés pour une journée de restitution nationale des propositions issues de quatre mois de consultations.

De nombreuses propositions sont issues de ces quatre mois de consultations © MK C’est fait ! Après des mois de réunions, d’ateliers et de consultations auprès d’experts, intellectuels, élus et socioprofessionnels, en Hexagone et dans tout l’Outre-mer français, la restitution des Etats généraux de l’Outre-mer a eu lieu jeudi 1er octobre.

A l’exception de la Nouvelle-Calédonie, des rapporteurs sont venus présenter les synthèses des travaux réalisés dans tous les départements, collectivités et territoires d’Outre-mer.

Améliorer la formation
Certains constats sont unanimes et paraissent caractéristiques de l’ensemble de la France d’Outre-mer. C’est le cas par exemple du chômage des jeunes. A la Réunion, Maurice Cerisola souligne « un taux de chômage aggravé par une évolution démographique intense ». Victor Emmanuel Vaugirard, rapporteur de la Martinique donne un chiffre, éloquent :le taux de chômage chez les moins de 25 ans est supérieur à 52% dans son département.

Diverses solutions ont été proposées lors des consultations. La formation tout d’abord, avec la création d’un pôle d’excellence en Lettres, sciences humaines et sociale à la Réunion, ou encore une amélioration des structures préexistantes en Polynésie.

VIDEO. Le discours de Marie-Luce Penchard, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer

Territoires enclavés
Ailleurs et notamment à Saint-Pierre et Miquelon, c’est le désenclavement du territoire qui est souhaité. « La tête de pont de l’Europe en Amérique du Nord », pour reprendre l’expression du préfet Jean-Pierre Berçot, est la collectivité d’Outre-mer "la plus proche de la métropole". Elle ne dispose pourtant pas de liaison aérienne directe avec l’Hexagone. Une situation incompatible avec le développement économique et touristique de l’archipel qui souhaite aussi se tourner vers ses voisins Terre-Neuve et Labrador.

Les Ultramarins de l’Hexagone ont eu aussi droit à la parole pendant les consultations. "On ne peut pas séparer les Ultramarins de métropole de ceux restés au pays, comme s’il s’agissait de deux catégories de populations totalement différentes", avait à ce sujet déclaré le président Nicolas Sarkozy. Des propos repris par le rapporteur de l’Hexagone qui a particulièrement insisté sur les questions d’identité. Ceux qui sont souvent qualifiés de « Négropolitains » ou de « Neg’zagonaux » ne veulent « pas être réduits à une dimension festive ou athlétique ». Ils se sentent toujours concernés par l’avenir de leur département ou territoire d’origine, et aimeraient être consultés lors des décisions capitales.

L’identité reste un pilier des questionnements des ultramarins consultés. Concilier une identité, voire une fierté identitaire, tout en favorisant une ouverture au monde.
En Guyane notamment, où « l’immigration non maîtrisée favorise le communautarisme », rapporte Olivier Huisman, directeur de l’Institut d’Enseignement supérieur de la Guyane, les ateliers ont ressorti l’envie d’améliorer les structures portuaires et aéroportuaires, permettant plus de mobilité vers l’Amérique du Sud. Ce pour favoriser les échanges avec les pays voisins. A Mayotte également, ou les consultés réclament un désenclavement aérien et maritime.

Prise en compte des propositions
Quatre mois de consultations ont apporté un grand nombre de propositions, parfois divergentes, parfois semblables. La lutte contre la vie chère, les évolutions statutaires ont aussi été au cœur des débats. « Toutes ne seront pas reprises dans leur détail », a déjà prévenu Marie-Luce Penchard, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, pour qui ces consultations sont dores et déjà un succès. Notamment grâce aux « plus de 130 000 connexions et aux 10 000 contributions ou réactions », comptabilisées sur le site Internet des Etats généraux. 

Selon la secrétaire d’Etat, « le premier défi que le gouvernement a dû relever en lançant les Etats généraux était de vous convaincre qu’il n’y avait pas de décisions écrites à l’avance ». Le LKP et le Collectif du 5 février contre la vie chère, à l’origine de la grève aux Antilles en ce début d’année ont en effet refusé de prendre part aux Etats généraux, dénonçant « une mascarade ».

En novembre, aura lieu le premier Comité interministériel de l’Outre-mer présidé par le chef de l’Etat. En espérant, à l’instar de David Auerbach-Chiffrin le rapporteur de l’Hexagone, que l’adage « un problème, une commission, un rapport, un tiroir » n’ait cette fois, pas de raison d’être.

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