10/08/2009
Par Rfo.fr (avec AFP)
Les Etats Généraux pointent du doigt la domination d’Air Austral vers Mayotte
Les conclusions des États Généraux, rendues publiques dimanche, encouragent, parmi d’autres mesures, à stimuler la concurrence entre les compagnies aériennes Air Austral et Corsair.
Boeing 777 Air Austral © DR
Les difficultés de transports aériens vers Mayotte ont été passées au crible dans le rapport du 9 août des Etats Généraux de l’Outre-mer. La première constatation est qu’il faut stimuler la concurrence entre Air Austral et Corsair, les compagnies principales en direction de Mayotte avec Kenya Airways.
A l’heure actuelle Air Austral domine très clairement le marché dans ce secteur de l’océan Indien. Il s’agit, pour les ateliers des États Généraux, d’examiner si les horaires de vols mis à la disposition d’Air Austral, la compagnie aérienne historique de Mayotte, peuvent être considérés comme plus avantageux que ceux de la concurrence.
Ouvrir le marché des transports aériens à la concurrence
La synthèse qui va être diffusée sur le site des États généraux demande plus largement à la direction générale de l’aviation civile d’octroyer de manière plus souple les droits de trafic aux compagnies aériennes qui souhaiteraient desservir Mayotte.
Aujourd’hui, Air Austral assure quotidiennement une liaison entre Mayotte et l’Hexagone via La Réunion, tandis que Kenya Airways propose trois rotations hebdomadaires vers Paris via Nairobi et que Corsair assure un vol par semaine, direct au départ de Paris et via Madagascar au retour.
Un réaménagement des structures d’atterrissages
Une des nouvelles directives des États Généraux est d’augmenter le trafic aérien entre l’Hexagone et Mayotte. Pour cela, il faut commencer par adapter la piste d’atterrissage de l’aéroport international de Pamandzi (à Dzaoudzi, sur Petite-Terre). Actuellement cette dernière permet à des Airbus A 330 ou Boeing 777 de se poser mais elle est trop courte pour que ces gros porteurs s’envolent directement pour l’Hexagone à pleine charge.
Par conséquent, les vols longue distance au départ de Dzaoudzi doivent faire une escale intermédiaire pour se ravitailler en carburant. Pour ce futur département (en 2011), les États généraux réclament la modernisation de l’aéroport et l’allongement de la piste, d’ailleurs inscrits dans une convention spécifique annexée au contrat de projets 2008-2014 signé en mars 2008 entre l’Etat et la collectivité.
Les énergies, l’emploi et l’apprentissage
Parmi les propositions de l’atelier sur les prix, figure aussi la création d’une antenne de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), une étude sur la distribution et une enquête sur le carburant, dont les tarifs viennent d’être relevés, soient effectuées.
Sont également réclamés la sortie de l’indivision sur le plan foncier, avec recours à l’expropriation si nécessaire et le développement de filières "structurantes" notamment pour les énergies renouvelables (hydrolienne, énergie thermique des mers, géothermie, photovoltaïque).
Le développement de nouveaux secteurs créateurs d’emploi (télémédecine, télémaintenance, téléformation...) et d’une véritable industrie du tourisme est aussi prôné.
Pour la formation, des structures d’apprentissage du français dès 2 ans sont souhaitées, tout comme des classes spécifiques pour "les enfants de la rue" et la généralisation de la restauration scolaire.

