28/07/2009
Les Etats généraux prônent un renforcement de l’autonomie de la Guadeloupe
Annoncés mi-février par Nicolas Sarkozy, lors d’une crise sociale qui a secoué la Guadeloupe pendant 44 jours, les Etats généraux de l’Outre-mer (EGOM), dont la phase locale s’achève, ont prôné "le renforcement de l’autonomie" de l’archipel antillais.
A la sortie d’un atelier des états généraux en Guadeloupe © RFO Guadeloupe
Ces travaux de la Guadeloupe, joints à ceux des autres collectivités pour ce qui se veut la plus grande consultation jamais réalisée en Outre-mer, doivent déboucher sur des décisions en octobre lors d’un premier conseil interministériel présidé par le chef de l’Etat.
L’atelier consacré à la gouvernance a écarté unanimement la solution de l’indépendance immédiate, estimant que "les conditions sont très loin d’être réunies", selon la synthèse des propositions, issues de plus de trois mois de travaux, qui vient d’être rendue publique.
Pas de participation des indépendantistes
Les rapporteurs rappellent toutefois que "les défenseurs notoirement connus de la thèse de l’indépendance ont refusé de participer et de cautionner les Etats généraux".
C’est le cas d’Elie Domota, porte-parole du Collectif "contre la profitation" (LKP), qui avait conduit la grève générale. L’atelier "gouvernance" s’est prononcé pour la fusion du Conseil régional et du Conseil général et une nouvelle Assemblée territoriale élue au scrutin uninominal à deux tours. En émanerait un conseil exécutif qui élirait son président.
Née de revendications sur le pouvoir d’achat (200 euros), la crise a conduit les ateliers à demander des enquêtes régulières sur l’évolution des structures des budgets et des niveaux de vie de la population ainsi que sur les écarts de prix Guadeloupe-métropole.
Une pauvreté qui s’accroit
La pauvreté a gagné du terrain aux Antilles-Guyane entre 2001 et 2006, selon
une étude INSEE-CAF. Pour rénover un "dialogue social" surtout perçu à travers les conflits, il est proposé de "faire une place officielle aux organisations syndicales non représentatives au niveau national mais majoritaires sur le terrain" (UGTG de M. Domota, CTU, CGTG).
Au titre de l’égalité des chances, les ateliers souhaitent "développer des chantiers école de longue durée pour désocialisés dits border line" (un jeune sur cinq est en exclusion).
Pour les carburants, est proposée une simplification de la formule de calcul des prix ainsi que leur libéralisation dans la distribution (115 stations-services, 1.000 pompistes). L’atelier prix a opté pour des approvisionnements européens (gains de 15 à 17 centimes par litre de super) et à terme américains, signifiant la fin de l’activité de raffinage de la Sara (190 emplois en Martinique).
Dans un département "pas toujours équipé de façon durable", sont retenus de "grands projets structurants" comme la "reconquête des centres-villes", le développement de la géothermie, la création d’un pôle d’excellence-sport et d’un port en eau profonde.
Enfin, l’atelier sur l’identité et la culture a souhaité notamment le renforcement de l’apprentissage du créole et de l’histoire de la Guadeloupe.
Eric Bassi (AFP)

