20/07/2009

Marie-Luce Penchard à Cayenne

Les Etats généraux à Cayenne sont l’occasion de présenter les nouvelles propositions pour le développement de l’île.

Marie-Luce Penchard, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer© DR Marie-Luce Penchard, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer , a affirmé samedi à Cayenne que les états généraux de l’Outre-mer (Egom) n’étaient "pas un scénario écrit d’avance".

 Soucieuse de "lever toute ambiguïté" sur cette question, la secrétaire d’Etat a expliqué que "si on organis(ait) les Etats généraux, (c’était) bien pour prendre en compte les aspirations de chacun des territoires et surtout pas pour faire un modèle type qu’on appliquerait à l’ensemble de l’Outre-mer ".

Quatre grands axes à développer

Mme Penchard, qui effectue une visite de 24 heures en Guyane, s’exprimait lors d’un compte-rendu d’étape sur les Egom organisé à la Chambre de commerce et de l’industrie de la Guyane.

Elle a assuré que le bilan de ces Etats généraux serait réalisé au mois de septembre avant "un comité interministériel présidé par Nicolas Sarkozy qui marquera le temps de la décision". "Ces décisions seront fonction des propositions des ateliers et des synthèses", a-t-elle ajouté.

En Guyane, les rapporteurs ont dégagé quatre grands axes dans leur projet de rapport final qui doit encore "être une nouvelle fois soumis à la population guyanaise", par voie de presse notamment, a expliqué Olivier Huisman, co-rapporteur général des Egom et directeur de l’Institut d’enseignement supérieur de la Guyane (IESG).

 Ces quatre axes de propositions sont la production de la connaissance, le développement économique ; la promotion de la diversité, la culture, la mémoire ; la construction d’une identité et d’un avenir commun ; le choix d’une gouvernance moderne.

Une évolution statutaire ?

Samedi, elle a également confirmé que "si les élus de la Guyane saisissent officiellement le gouvernement, la Constitution prévoit que la population est amenée à être consultée sur ce projet d’évolution statutaire".

"Il ne faut pas avoir peur du verdict populaire, les Guyanais vont se prononcer et je pense que cela va permettre de dépassionner le sujet, car au moins il sera tranché", a-t-elle indiqué.

Le congrès des élus du département et de la région du 20 juin 2008 avait délibéré à l’unanimité afin de relancer le débat sur l’évolution statutaire stoppé depuis 2003. Une commission mixte ad hoc chargée de préparer un document d’orientation a été mise en place et a présenté un projet d’évolution statutaire dans le cadre de l’article 74 de la Constitution, qui a été validé lors du congrès du 19 décembre 2008.

"Tout est possible au regard des règles constitutionnelles, mais il est tout à fait possible de consulter la population avant le 31 décembre", a déclaré Mme Penchard.

"Plusieurs propositions seront faites", a-t-elle précisé, "le chef de l’État fera part de son analyse, sera peut-être amené à rencontrer les élus et il fera connaître sa position je pense début septembre".

Le prix du baril revu à la hausse

La secrétaire d’état à l’Outre-mer a déclaré qu’une augmentation des tarifs était à venir pour le prix des carburants en Guyane liée à "la hausse du prix du baril" sur les marchés internationaux.

Selon Mme Penchard, qui assistait à une réunion de l’observatoire des prix, des revenus et des marges de la Guyane, "on ne peut pas rester dans une situation de blocage".

"Donc cette augmentation (du prix des carburants) doit venir mais en ayant fait un travail d’explication pour que chacun ait le sentiment qu’on est dans des prix justes", a-t-elle dit.

Selon elle, la décision "sera prise fin août" après une nouvelle réunion de l’observatoire des prix.

Depuis quelques mois, l’Etat prend à sa charge une partie du prix des carburants fournis aux consommateurs en Guyane et aux Antilles par la Société anonyme de la raffinerie des Antilles (Sara), filiale de Total, afin d’éviter que le prix remonte aux niveaux observés fin 2008 et provoque de nouveaux mouvements sociaux.

Le prix de l’essence avait atteint en novembre 1,77 euros le litre en Guyane. Mme Penchard a en outre jugé "normal que sur les coûts de transport il y ait une forme de mutualisation pour permettre de gagner un certain nombre de centimes sur le prix du carburant en Guyane".

Une dérogation pour s’approvisionner en carburant

Cette mutualisation du coût du transport vers les Antilles ne profite actuellement pas à la Guyane. Elle a confirmé que la demande de dérogation aux normes européennes souhaitées par les élus de Guyane "avait été déposée auprès de la Commission le 2 juillet", tout en jugeant ce choix "complexe" car "contradictoire avec la politique de développement durable de l’Union européenne".

Cette dérogation pourrait permettre à la Guyane de s’approvisionner en carburant à des normes de pollution moins strictes et à moindre coût dans des pays de la Caraïbe comme Trinidad.

Le gouvernement vient d’ouvrir 44 millions de crédits budgétaires par un décret d’avance, qui bénéficie à la Sara. Celle-ci avait menacé en mars de cesser les approvisionnements, estimant que les prix imposés par l’Etat lui faisaient perdre 7,4 millions d’euros par mois.

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