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Publié le 04/07/2010 | 09:10

CHLORDECONE. Le poison des Antilles

Par Karine Sigaud-Zabulon

Présente dans les sols, des cours d’eau, des aliments, la chlordécone, molécule très toxique, se retrouve également dans le sang des habitants des Antilles.

Elle est tenace la chlordécone. Dix sept ans après la fin de son utilisation elle est encore présente dans les sols et cours d’eau et le sera encore durant quelques siècles. Pour l’instant, aucune méthode de dépollution classique des sols ne fonctionne.

La molécule présente dans un pesticide commercialisé sous le nom de « Képone » en 1972 et par la suite sous le nom de « Curlone » aux Antilles est qualifiée de très toxique par de nombreux rapports d’experts dès la fin des années 1970. Ces rapports n’ont pas stoppé l’utilisation de ces pesticides pour lutter notamment contre le charançon en France. En Guadeloupe et en Martinique, les pesticides ont été déversés dans les exploitations de banane. Ils contiennent tous deux 5% de chlordécone. Selon l’ORP, l’Observatoire des résidus des pesticides, 6.000 tonnes de « Curlone » ont été déversé entre 1981 et 1993 aux Antilles. Ces produits ont été interdits aux Etats-Unis en 1976, et dans l’Hexagone en 1990.

© DR CHLORDECONE. Une première vérité scientifique

Un rapport scientifique rendu public le 21 juin dernier confirme : Il y a bien un lien entre l’homme exposé à la chlordécone et le cancer de la prostate.

C’est la première étude de l’Inserm sur les conséquences humaines de cette molécule tant décriée aux Antilles. Plus de huit cent mille personnes sont concernées.

L’étude était attendue, espérée, réclamée surtout après le rapport du professeur Dominique Belpomme. Ce rapport, qui n’est pas une étude scientifique, met en évidence les risques de cancers liés à l’utilisation des pesticides. Lire la suite

© AFP CHLORDECONE. L’Etat pointé du doigt

De nombreux rapports tirent la sonnette d’alarme sur la dangerosité du pesticide contenant de la chlordécone. Le produit est interdit à la vente en 1990 dans l’Hexagone, mais son usage est autorisé en Martinique et en Guadeloupe encore pour 3 ans.

De nombreuses plaintes ont été déposées contre X dans cette affaire en 2007. Des associations de Guadeloupe et de Martinique s’associent, d’autres y vont seules. Des plaintes au pénal, mais aussi devant le tribunal administratif. Elles sont toutes rejetées à l’exception d’une. Lire la suite

© DR CHLORDECONE. La banane se rachète une conduite

Montrés du doigt, les producteurs de banane des Antilles tablent sur une autre forme de production avec la mise en place de banane durable.

Il n’existe aucun doute  : la contamination des sols est liée aux cultures de banane. Selon une étude du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), la corrélation de la contamination avec les cultures bananières est forte aussi bien en Guadeloupe qu’en Martinique. Plusieurs milliers d’hectares sont ainsi contaminés à des degrés divers. Lire la suite

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