Une cérémonie d’hommage aux soldats français d’Outre-mer morts pour la France a été organisée à Paris.
"On a oublié dans ce pays la part qui a été prise par les soldats d’Outre-mer à chacune des guerres", a expliqué la député George Pau-Langevin (au centre) © MK
Ils ne sont pas nombreux, une grosse vingtaine tout au plus. Réunie sur le quai Henri IV, dans le 4e arrondissement de Paris, la petite foule est venue commémorer la mémoire des soldats ultramarins.
En ce 11 novembre 2009, le lieu de rendez-vous est donné devant une plaque apposée en mémoire de soldats ultramarins tombés le 8 mai 1945. En effet, l’hommage vaut pour les combattants des deux guerres.
Mémoire sélective
George Pau-Langevin, député maire socialiste du 20e arrondissement présente aux côtés de Christophe Girard, adjoint au maire de Paris a insisté sur l’importance de la cérémonie.
« Trop souvent on a oublié dans ce pays la part qui a été prise par les soldats d’Outre-mer à chacune des guerres, que ce soit en 14-18 ou en 39-45 dans la victoire contre l’ennemi et notamment en 45 contre le nazisme », explique t-elle au micro de Julie Straboni pour RFO Paris. « Aujourd’hui on nous parle d’identité française, de "nouveaux" Français, qui doivent respecter des droits et des devoirs. On a oublié qu’avant d’avoir l’égalité des droits, ils avaient accepté les devoirs qui tenaient à leur état de Français ».
Sous le soleil hivernal, la cérémonie est brève et solennelle. Dépôt de gerbe, lecture de textes, recueillement au son de la Marseillaise, puis de la Madelon de la victoire.
Un dépôt de gerbe pour rendre hommage aux disparus © MK
« L’autre partie de la France »
« Je souhaiterais que cette cérémonie soit partagée plus largement par beaucoup de gens qui vivent dans ce pays et qui trop souvent on le sentiment que les souvenirs d’autrefois ont été oubliés », ajoute George Pau-Langevin. Un sentiment partagé par Luc. Originaire de la Martinique, il a assisté à la cérémonie en compagnie de ses deux enfants, une présence nécessaire selon lui. « Un certain nombre de nos compatriotes sont morts au combat, explique t-il. Même s’il ne s’agit pas de parents directs, ils font partie de notre grande famille ». Lui aussi regrette qu’il y ait si peu de monde. « C’est bien beau de se plaindre parce que nous ne sommes pas représentés. Nous nous devons d’être présents lors de ce genre d’événement », souligne-t-il avant de mettre en cause un « défaut de communication ».
Wedia, comédienne, a lu pour l’occasion les textes du poète haïtien Jean-François Brierre. Elle a « été frappée par l’injustice dont sont victimes les soldats originaires d’Outre-mer », explique t-elle a RFO Paris ; « Comment a-t-on pu les oublier ? s’indigne-t-elle. Nous avons tous lu en cours d’histoire les récits de poilus, (…) il existe une énorme littérature autour de leurs lettres, et, à aucun moment je n’avais croisé la réalité des soldats d’Outre-mer ». Pour elle l’importance de cette cérémonie est évidente. « Il ne faut pas oublier l’autre partie de la France », conclut-elle.
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