Actualités - HAÏTI

Publié le 1er/02/2012 | 16:44

Des élus bretons viennent en aide à Haïti

Par La1ere.fr (avec AFP)

La situation à Haïti reste compliqué - THONY BELIZAIRE ©AFP Les difficultés en Haïti ont poussé les élus locaux de Bretagne à initier une coopération novatrice visant à former les élus locaux haïtiens pour les aider à s’organiser.

Des ONG qui s’imposent sur le terrain, en Haïti, en ignorant les autorités locales ; un Etat central affaibli qui reste démuni devant des besoins immenses… Un constat inquiétant à l’heure où Haiti cherche à se reconstruire deux ans après le terrible séisme qui l’avait plongé dans le chaos. Une situation qui a encouragé la Bretagne à réagir et à proposer ses services aux élus du département haïtien de la Grand’Anse (sud-ouest de Haïti). "Nous voulons donner du poids et de la légitimité aux maires de la Grand’Anse (...) afin que tout acteur désireux d’intervenir sur leur territoire passe obligatoirement par eux", affirme Dominique Guilmin, chargée du programme côté français. Cette coopération décentralisée axée sur la gestion des projets est coordonnée par le conseil général des Côtes-d’Armor et menée depuis deux ans par plusieurs collectivités bretonnes avec des élus haïtiens. "La bataille pour la décentralisation en France est gagnée. En Haïti, c’est le contraire", déplore Evil La Villette, maire de Pestel, dans la Grand’Anse.

"La population a voté et attend toujours des résultats. On n’a pas les moyens" de lui fournir le minimum, poursuit-il. Une visite actuellement en cours en Bretagne "permet de mieux comprendre comment fonctionnent les collectivités françaises", explique-t-il. L’idée "est d’aider les élus haïtiens à se structurer de façon politique et technique et de travailler avec eux en fonction de leurs besoins déclarés, selon leurs priorités", insiste Isabelle Nicolas, vice-présidente du conseil général des Côtes-d’Armor. Car l’un des gros problèmes en Haïti, relève Georges Jorel, maire de Moron, c’est que "certaines ONG décident de tout, sans contact avec les autorités locales, comme si celles-ci n’existaient pas. Et cette pratique s’est encore intensifiée après le séisme".

Des catastrophes qui se succèdent
Si le terrible tremblement de terre de janvier 2010 n’a pas affecté directement la Grand’Anse, les maires ont dû réagir dans l’urgence. "Il a fallu accueillir les déplacés", rapporte Vidal Chevalier, maire de Chambellan, ce qui a créé "des tensions" au plan alimentaire. Les victimes étaient tellement démunies que la Grand’Anse a "payé les frais de transport pour permettre à ceux qui vivaient à Port-au-Prince -où ils avaient tout perdu- de rentrer chez eux", explique-t-il. A l’origine de la coopération décentralisée, un "appel de détresse" du président de l’Association des maires de la Grand’Anse, l’écrivain Jean-Claude Fignolé. "Le pouvoir central est désespérément indifférent à la misère physique et morale de cette population (...) Le gouvernement n’assiste pas. L’aide internationale, on en parle, mais personne ici ne sait ce que c’est", écrivait-il au lendemain du séisme.

Le contrecoup du désastre encaissé, "il y a eu le fléau du choléra", rappelle Georges Jorel : "Les maires de la Grand’Anse étaient devenus des croque-morts". En réponse aux attentes, plusieurs projets sont sur les rails en matière d’eau et d’assainissement, ainsi que dans les domaines de l’agriculture et de la pêche, bases de l’économie de cette région rurale. Pour Evil La Villette, "si nous travaillons ensemble dans la durée, nous pourrons faire des merveilles dans la Grand’Anse et notre espoir est que, dans 10-15 ans, ses habitants pourront y vivre dans les mêmes conditions que ceux d’une commune française", espère-t-il.

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