L’unique liste indépendante des grands partis nationaux pour l’Outre-mer entre en campagne.
Madeleine Jouye de Grandmaison © D.R.
A sa tête, le Réunionnais Elie Hoarau a évoqué lundi une alliance de tous les Outre-mers vers un objectif commun : « mettre en valeur les atouts de l’Outre-mer au profit de l’Europe ».
Conformément à la nouvelle répartition de la circonscription Outre-mer divisée comme suit : section Atlantique (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon) ; océan Indien (Mayotte, la Réunion) ; Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Wallis et Futuna), la liste respecte l’équilibre géographique. Parmi les neuf noms, trois sont issus de l’océan Indien, trois de l’Atlantique et trois du Pacifique.
Haut patronage
Le président du Conseil régional de la Réunion Paul Vergès parraine cette liste dont il a lui-même imaginé la doctrine lors des européennes de 2004. A l’époque, classée divers gauche, l’Alliance pour Défendre l’Outre-mer (Paul Verges, Madeleine de Grandmaison, Paul Naprix, Nicole Moéa Bouteau, Saïd M’Chindra, Jacqueline Gahaly) l’avait porté au Parlement.
L’homme fort du département réunionnais a abondamment expliqué les priorités de la liste qu’il appuie avant de préciser. « Bruxelles ne nous apportera pas de solution miracle mais le problème c’est qu’il s’agit aujourd’hui de prendre conscience d’une crise dans l’ensemble des Outre-mers. Et cette crise nécessite des solutions adaptées à chaque territoire ». L’Alliance milite donc pour des solutions modernes propres à chaque territoire en jouant des atouts de ces zones.
Valoriser les atouts des Outre-mers
Et l’Outre-mer n’en manque pas. Les différents colistiers de la liste l’ont tous rappelé en évoquant l’exigence de la protection de la production locale (banane, rhum, vanille), le maintien de l’octroi de mer pour ne pas plier face à la concurrence des pays ACP, une meilleure intégration des pays ultramarins dans l’Europe grâce à l’amélioration de la continuité territoriale ou encore en se faisant précurseur dans le domaine de des énergies propres.
Elie Hoarau © D.R.
Développement nouveau
En seconde position derrière Elie Hoarau, c’est l’Atlantique qui est représenté par l’une des trois eurodéputées actuellement au Parlement, Madeleine de Grandmaison. « Partout dans les Outre-mers, il y a une revendication pour plus de production, de liberté, d’identité », martèle la députée martiniquaise qui évolue au sein du groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique depuis la démission de Paul Vergès en octobre 2007.
C’est pour cela qu’elle se présente à nouveau forte d’un bilan qu’elle juge « satisfaisant » au terme de ses dix huit mois de présence en qualité de vice-présidente de la Commission ACP et de sa participation à celles du développement ou de l’environnement.
Un colistier guadeloupéen, Georges Brédent et la Guyanaise Segine Kokasson l’accompagneront dans cette campagne « marquée, assure Madeleine de Grandmaison, par une liberté d’action et de parole afin de répondre aux enjeux auxquels devront faire face ces territoires français dans l’avenir ».
Valoriser les ressources naturelles
Une liste Pacifique est également conduite par Hirohiti Tefaarere, le vice-président de l’Assemblée territoriale de Polynésie. Militant actif de la cause anti-nucléaire et proche du FLNKS de Nouvelle-Calédonie, Caroline Machoro représente le territoire sur la liste, M. Tefaarere veut accélérer en Europe la lutte contre la « crise alimentaire qui touche deux milliards de personnes » et valoriser la richesse des ressources naturelles des archipels du Pacifique.
Enfin, la liste océan Indien, que mène Elie Hoarau, secrétaire général du Parti communiste réunionnais comprend également Maya Césari et Younous Omarjee, ancien assistant parlementaire de Paul Vergès.
Après les crises sociales qu’ont connu les Outre-mers au début de l’année 2009, l’Alliance compte porter auprès de l’Europe les problèmes que la rue a soulevé et dont « L’Europe n’est pas étrangère », précise Madeleine de Grandmaison. Elle compte aussi rappeler à l’UE de ne pas baisser les fonds d’aides européens pour ne pas subir la concurrence des pays du Sud, bien que chacun des membres de la liste s’accorde à dire que « l’Europe, pour nous, n’est pas un guichet ».
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