Le tirailleur sénégalais de Banania © DR
Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) a obtenu l’interdiction du slogan "y’a bon" sur les produits Banania.
Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) a obtenu jeudi devant la cour d’appel de Versailles que la société titulaire de la marque Banania fasse cesser sous peine d’astreinte la vente de produits portant le slogan "Y’a bon".
Dans son arrêt, dont l’AFP a obtenu copie, la cour a considéré que la société Nutrimaine "devra faire cesser conformément aux dispositions du protocole, sous quelque forme et quelque soit le moyen, la fabrication et la commercialisation de toute illustration sur laquelle apparaîtrait la mention ’Y’a bon’ ". Elle a prononcé une astreinte de 20 000 euros par jour par infraction constatée.
Un protocole d’accord signé en 2006 par le Mrap et le Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais (Collectif Dom) prévoyait un délai d’écoulement des stocks de huit mois au profit des licenciés de Nutrimaine.
Les associations avaient fait constater par huissier la présence en 2008 de produits dérivés portant le message "Y’a bon", accolé à la marque et à la célèbre image du tirailleur sénégalais, dans une boutique parisienne et sur un site internet. Le Mrap, qui réclamait au total 650 000 euros de dommages et intérêts à la société, a été débouté de cette demande.
"On ne fait pas de marketing avec des expressions passéistes. A l’époque, en 1914, nous étions en pleine période colonialiste. En 2005 ou 2010, ça ne paraît plus possible de stigmatiser une couleur pour un produit", a déclaré à l’AFP Me David Marty, l’avocat de l’association. "On ne peut pas distiller aux enfants dès le biberon qu’un Noir, au visage grossier, dit ’Y’a bon’ et ne sait pas parler autre chose qu’un français simplifié", a-t-il ajouté. L’avocate de la société Nutrimaine n’a pas pu être jointe dans l’immédiat jeudi.
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