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Publié le 29/12/2011 | 14:55

L’Outre-mer dans le projet socialiste

Par Ivan ERHEL

Faisant sienne la formule d’Aimé Césaire, le PS souhaite mettre un terme à cet état de choses qui veut que les Ultramarins se sentent "des Français entièrement à part, et non des Français à part entière". Emploi, investissement public, culture, écologie, l’Outre-mer est présent dans le projet socialiste pour la présidentielle 2012.

Dans son ouvrage collectif écrit pour rassembler le plus d’électeurs possible le 22 avril et le 6 mai prochain, le parti socialiste rappelle que "2,4 millions de Français vivent dans l’une des douze collectivités d’Outre-mer". Pour eux, le parti d’opposition promet, en cas d’accession au pouvoir de "renouer avec la politique d’égalité républicaine". Si on peut s’étonner de l’absence de propositions concernant directement la vie chère, qui agite régulièrement la communauté ultramarine, l’équipe de François Hollande suggère plusieurs pistes pour réduire le chômage et favoriser l’investissement dans ces territoires. Leur ambition est d’offrir "une chance à chaque jeune Ultramarin de s’accomplir d’où qu’il vienne".

Emploi et investissement

Les socialistes dressent un bilan dramatique du dernier quinquennat, soulignant que "le budget du ministère de l’Outre-mer [a] connu une baisse de l’ordre du milliard d’euros", et que Nicolas Sarkozy a "rompu avec les politiques d’investissements publics et de rattrapage visant à l’égalité réelle". Le parti de François Hollande annonce donc son intention de la reprendre, et réclame "que soit explorées toutes les possibilités juridiques qui permettront de mieux protéger l’emploi local". Pour y parvenir, il faudra obtenir à Bruxelles la reconduction du régime dérogatoire pour l’Outre-mer qui expire en 2014. Cela permettra de créer ou de prolonger "les dispositifs d’exonérations de charges patronales, aides à l’exploitation, défiscalisation et les aides à l’investissement". Une des mesures phares du projet socialiste, la Banque d’investissement, devrait concerner l’Outre-mer "au premier chef".

Culture et identité

Le projet se fixe aussi l’ambition de "tourner définitivement la page de la République coloniale" et de "faire connaître, valoriser et transmettre les patrimoines culturels, à commencer par la défense et l’enseignement des langues régionales". Violemment critiques envers un Etat qui a trop cherché à imposer ses vues sur l’organisation sociale, les socialistes veulent "une politique qui valorise les identités et les cultures des Outre-mers, une politique qui respecte les choix statutaires et institutionnels des populations, une politique qui préserve la cohésion sociale".

Ecologie

L’écologie est également au cœur du projet 2012 et une piste importante pour de nouveaux investissements et de nouveaux emplois. Dans le cadre du "développement durable", les Outre-mers bénéficient selon le texte "d’atouts majeurs comme la biodiversité et, surtout, les énergies renouvelables (…) avec l’énergie solaire, les énergies de la mer, la bagasse ou la géothermie". Le PS s’engage à développer "tout particulièrement ces nouvelles sources d’énergie dans les départements et territoires d’Outre-mer, afin de bénéficier de leur environnement favorable et de favoriser leur autonomie énergétique". Il est également question de créer une "commission spéciale chargée de protéger la biodiversité d’Outre-mer".

Institutions

Partout en France, le parti socialiste souhaite "renouer avec la promesse républicaine" : "La République doit être une réalité en métropole comme dans les Outre-mers". Pour y parvenir, il faut d’abord, selon le texte, abroger "la réforme territoriale imposée par l’UMP", et accroître la décentralisation. Pour s’adapter à chaque territoire, les socialistes disent "oui au droit à l’évolution statutaire dans la République, à condition qu’elle soit localement demandée et que soit recueilli, par referendum, le consentement préalable des populations intéressées".

Mayotte et la Nouvelle-Calédonie

La question des statuts revêt bien sûr un caractère particulier en Nouvelle-Calédonie avec le processus initié par les Accords de Matignon en 1988 et ceux de Nouméa dix ans plus tard : "Entre 2014 et 2018, la consultation prévue par l’accord de Nouméa sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté devra être organisée". L’objectif est également d’accélérer "la reconnaissance de l’identité kanak, les transferts de compétences (…) et une insertion plus forte de la Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique Sud". Mayotte, qui vient de devenir le 101ème département français fait aussi l’objet d’une attention particulière dans le projet présidentiel qui propose de jeter "les bases d’un développement économique et social à la hauteur des formidables retards de développement que connaît Mayotte et qui sont indignes de la République".

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