Les engagements de l’Etat envers les Haïtiens victimes du tremblement de terre peinent à s’appliquer dans certaines régions de France.
© AFP
Des associations du Val-de-Marne ont dénoncé jeudi un "déni de droit" frappant des Haïtiens sans papiers et le non-respect des engagements pris par le gouvernement à leur égard après le séisme qui a ravagé l’île en janvier et fait 300.000 morts. "Il y a eu beaucoup de beaux discours affirmant que tout serait fait pour ne pas renvoyer des Haïtiens dans leur pays d’origine. Mais il y a bien des refus de régularisation accompagnés de mesures d’éloignement", a affirmé Pablo Krasnopolsky, du Réseau éducation sans frontières (RESF), lors d’une conférence de presse à Créteil.
Parcours du combattant
Une Haïtienne arrivée en France en 2006 a témoigné de son parcours du combattant : elle attend une réponse de la préfecture depuis plus de quatre mois, un délai qui équivaut à un refus implicite de l’administration, selon les associations. En l’absence de titre de séjour, elle a été licenciée pour faute grave de son emploi d’agent de nettoyage, selon RESF.
Également présent, un de ses compatriotes, âgé de 45 ans, a déposé un dossier quelques jours après le séisme du 12 janvier et n’a eu ni réponse ni attestation qui lui permettrait de travailler légalement. "La mère de mes trois enfants est morte pendant le séisme", a-t-il affirmé.
Selon un document daté du 27 avril et que l’AFP a pu consulter, la préfecture du Val-de-Marne a par ailleurs refusé de délivrer une carte de séjour à un Haïtien de 18 ans, dont la mère vit régulièrement en France, et lui a ordonné de quitter le territoire français.
Début mai, le ministre de l’Immigration Eric Besson avait réaffirmé son engagement de suspendre les reconduites à la frontière d’Haïtiens sans-papiers. Début juin, les associations des Haïtiens de France avaient de leur côté dénoncé les "obstacles" mis par l’administration française au regroupement familial.
Les derniers commentaires ( Nombre de commentaires )
cliquez ici

Le journal de LA1ERE
