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Mercredi aura lieu le conseil interministériel de l’Outre-mer. L’occasion de préciser les priorités gouvernementales, alors que la grève à Mayotte s’éternise.
Un département paralysé par une grève générale. Des files d’attente devant les magasins qui viennent d’ouvrir après plusieurs semaines de fermeture. Des barrages routiers, une économie au point mort, et plus grave, un décès parmi les manifestants… Face à l’urgence, la ministre de l’Outre-mer tente de calmer les esprits sans convaincre. La situation est en tout point semblable avec celle qu’a pu connaitre la Guadeloupe en février 2009. D’autant que les revendications sont les même : haro sur la vie chère. Sauf que cette fois-ci nous ne sommes plus aux Antilles mais à Mayotte. Le problème du coût de la vie s’est déplacé de quelques milliers de kilomètres.
Pourtant, après la crise de 44 jours qui a secoué les Antilles Guyane en février 2009, le gouvernement jurait qu’on ne l’y prendrait plus. Il inaugurait dans la foulée des Etats généraux de l’Outre-mer, des ateliers de consultation autour de problématiques propres aux départements et territoires d’Outre-mer.
Baisse de prix, administration des prix des carburants, transparence des circuits de distribution, favoriser la production et le commerce locaux… le premier Conseil interministériel de l’Outre-mer en novembre 2009 avait été l’occasion pour le président Nicolas Sarkozy de présenter 137 mesures destinées aux départements et territoires d’Outre-mer. Depuis, des comités de suivi tiennent les comptes.
Un bilan qui divise
En juillet 2010, Marie-Luce Penchard assurait que les deux tiers des mesures étaient réalisées ou en cours de mise en œuvre. Moins d’un an plus tard, en mai 2011, elle rappelait les priorités du Conseil interministériel de l’Outre-mer : "la valorisation des atouts des outre-mer et une plus grande ouverture sur l’environnement régional." "Le gouvernement fait clairement son travail", assurait la ministre avant d’avancer cette fois le chiffre de "85% des 137 décisions du CIOM qui sont réalisées ou en cours de réalisation".
Elle répondait ainsi au député socialiste guadeloupéen Victorin Lurel qui dénonçait un "bilan calamiteux". Selon lui le taux d’exécution des mesures du CIOM était de 19,8% seulement en Guadeloupe, 22,2% en Guyane, 18,3% en Martinique, 25,6% à la Réunion, 5,9% à Saint-Martin, 11,8% à Saint-Pierre-et-Miquelon et 16% dans l’Hexagone. Pour le député, le gouvernement a plus fait de la "com’ et de l’incantation".
Malgré le satisfecit gouvernemental le constat est parfois amer, même pour ceux qui étaient à l’origine de ces fameuses mesures. Au regard de la situation mahoraise qui dure depuis déjà 28 jours, Christophe Girardier, auteur d’un rapport sur la concurrence locale déplore que le gouvernement n’ait pas tenu compte des diverses préconisations. "Les Mahorais doivent demander à l’Etat de les aider à mettre en place une filière propre à Mayotte qui créerait un lien direct entre le producteur et le consommateur", répète-t-il. "Si j’étais eux, je rappellerai à Nicolas Sarkozy ses engagements pris lors des Etats généraux de l’Outre-mer. Nous, auteurs du rapport, pensions avoir été entendus, mais rien a été fait", regrette-t-il.
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