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Publié le 11/06/2010 | 16:51

MONDIAL. Football et immigration, une relation tumultueuse

Par Benoît JOURDAIN

La première Coupe du monde sur le sol africain, du 11 juin au 11 juillet, remet au centre de l’attention le phénomène migratoire dans le football moderne.

L’Afrique du Sud va être pendant un mois le centre du monde : 32 équipes sur la ligne de départ, une seule au sommet le soir du 11 juillet. Le premier Mondial sur le sol africain permet un éclairage sur un continent éveillé au ballon rond via l’influence française. Hommes d’église, missionnaires, enseignants, commerçants ou militaires ont été les premiers à importer la passion du football au nom de la mission civilisatrice. Une colonisation qui donnera des décennies plus tard, une équipe de France "métissée", composée à 60 à 90% de joueurs noirs selon l’effectif aligné, selon un récent rapport du CRAN. Le sport et plus particulièrement le football, a été érigé un soir de juillet 98 en symbole de réussite de l’intégration "à la française". La vérité est peut-être moins idyllique comme l’illustre le parcours de nombreux jeunes du continent noir venus chercher en France, ou ailleurs, réussite et gloire. Pour eux, le football est l’eldorado, une façon de quitter la précarité et de rallier l’Europe et ses sirènes du foot-business. Vivier inépuisable de nouveaux talents, l’Afrique est traversée, écumée par les recruteurs de tous horizons, pour trouver les successeurs des Milla, Weah, Eto’o, Drogba et autres Essien. L’Afrique et le ballon rond, une histoire faite de success-story (un peu) et de galères (beaucoup)…

MONDIAL. Le footballeur immigré, une identité floue

L’équipe de France cristallise régulièrement les problèmes de racisme et d’identité inhérents à la société française. Retour sur un phénomène qui a toujours existé.

Quel est le rapport entre le voile et l’équipe de France ? Tous deux relancent régulièrement le débat sur l’identité nationale. L’un et l’autre sont souvent à la racine d’un racisme lancinant qui traverse notre société et ressurgit à intervalles plus ou moins réguliers. La Coupe du monde en Afrique a permis de rouvrir le débat et de parfois relancer les hostilités. Marine Le Pen a repris le flambeau tenu par son père il y a quelques années. "La plupart de ces gens considèrent qu’un coup ils sont représentants de la France quand ils sont à la Coupe du monde, un autre coup ils se considèrent comme appartenant à une autre nation ou ayant une autre nationalité de cœur. S’ils se comportaient correctement, (...) si on entendait parfois parler de patriotisme dans la bouche de ces joueurs, si un certain nombre ne refusait pas de chanter la Marseillaise, si on ne les voyait pas enroulés dans le drapeau d’autres nations que la nôtre, peut-être les choses changeraient, mais en l’état j’avoue que je ne me reconnais pas particulièrement dans cette équipe", a déclaré jeudi dernier la vice-présidente du Front national sur BFM TV/RMC. (Lire la suite)

MONDIAL. « Black, blanc, beur », trop beau pour être vrai ?

La victoire de 98 a été celle d’une génération exceptionnelle, mais les médias et les gouvernants en ont fait une réussite de l’intégration "à la française".

Des millions de personnes dans les rues, une victoire sur le Brésil 3-0, un doublé d’un fils de Kabyle… Le 12 juillet 98, la France devient championne du monde, se découvre un héros en la personne de Zinedine Zidane et règle en une nuit « black, blanc, beur » toutes les différences d’une société encore marquée par son histoire récente. La France n’a plus de couleurs, ne fait qu’un derrière sa sélection. "Cette victoire a permis de mettre dans un creuset l’idée même de république, qu’on est un et indivisible", explique Claude Boli, historien et commissaire de l’exposition "Allez la France ! Les footballeurs africains sont là" lancée le 26 mai au Musée National du Sport. (Lire la suite)

MONDIAL. Maryse Ewanje-Epée : "il faut protéger le rêve"

Ancienne sauteuse en hauteur, Maryse Ewanje-Epée, reconvertie en journaliste, a écrit un livre sur le calvaire vécu par les jeunes footballeurs Africains venus tenter leur chance en Europe.

La Coupe du Monde en Afrique est un évènement exceptionnel. Mais derrière les buts, les supporters, les vuvuzelas et les couleurs, la réalité du football africain est beaucoup moins festive, voire carrément glauque. En effet, de nombreux jeunes Africains quittent souvent leur pays d’origine pour tenter de rejoindre l’Europe pour se sortir de la misère. Alertée sur ce phénomène, l’ancienne athlète Maryse Ewanje-Epée a longuement enquêté. Résultat, un livre à charge contre les agents, ces "négriers" qui exploitent la crédulité des enfants et des familles, un appel à l’aide, un cri pour lutter contre cette exploitation face à laquelle les associations sont démunies. (Lire la suite)

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