© FTV
A la veille d’une réunion portant sur d’éventuelles sanctions contre Serge Letchimy, une pétition de soutien pour le député martiniquais a déjà reçu près de 12 000 signatures. Neuf députés ultramarins ont également mis en garde le président de l’Assemblée nationale.
"Aucune excuse, aucune sanction, soutien total à M Letchimy". Voila l’intitulé de la pétition mise en ligne le 12 février. Celle-ci demande à ce que le bureau de l’Assemblée, qui se réunira mardi 14 février, ne prenne pas de sanction contre le député après ses propos tenus à l’Assemblée le 7 février.
" Serge Letchimy, député de Martinique, (…) a refusé le petit arrangement des excuses, après sa question au gouvernement du 7 février dernier. (…) J’adhère au discours de Serge Letchimy et trouve sa réaction parfaitement appropriée suite aux déclarations du ministre Guéant. Serge Letchimy n’a pas à s’excuser. Je demande que toute sanction soit abandonnée et que sa liberté de parole soit respectée. "
La pétition, relayée via de nombreux site d’informations et sur les médias sociaux a déjà recueilli plus de 11 500 signatures, parmi lesquelles des élus, des directeurs de quotidiens, des professeurs, des écrivains, des salariés, des employés...
Elle trouve un écho dans une lettre rédigée à l’initiative de Victorin Lurel et envoyée ce lundi à Bernard Accoyer par neufs députés ultramarins de gauche. "Nous, députés de tous les outre-mers, nous considérons en effet que rien dans les propos de notre collègue ne vient étayer l’interprétation qui en a été faite par le gouvernement et le groupe majoritaire". (...) S’il venait à être sanctionné pour cela, ce serait un terrible camouflet et une insondable humiliation que l’Assemblée nationale infligerait aux peuples d’outre-mer à travers son éminent représentant", préviennent-ils.
De la censure à l’exclusion temporaire
Celle-ci fait suite à la sortie du député martiniquais mercredi 7 février à l’Assemblée. Claude Guéant ministre de l’Intérieur et à l’origine d’une phrase dans laquelle il estimait que "toutes les civilisations ne se valent pas". Serge Letchimy l’avait alors interpellé dans l’Hémicycle. "Monsieur Guéant, vous privilégiez l’ombre. Vous nous ramenez jour après jour à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial.
Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ?"
Les propos du président de la Région Martinique avaient déclenché l’indignation des députés UMP et des membres du gouvernement qui ont quitté l’Assemblée.
Depuis, nombreux sont les membres de la majorité, Claude Guéant en tête, qui ont, en vain, des excuses de Serge Letchimy. Le président de l’Assemblée Bernard Accoyer a jugé l’incident "particulièrement grave". Le bureau de l’institution examinera donc son cas ce mardi "afin de décider des suites à donner au trouble profond créé par les propos inadmissibles de notre collègue", a-t-il précisé.
Serge Letchimy risque d’être sanctionné par le bureau d’une censure simple, qui entraînerait la privation pendant un mois de la moitié de son indemnité parlementaire, ou d’une censure avec exclusion temporaire.
Les derniers commentaires ( Nombre de commentaires )
cliquez ici

Le journal de LA1ERE
