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Le président s’est adressé dans un message vidéo aux Polynésiens, promettant de nouvelles mesures pour l’emploi et l’indemnisation des victimes du nucléaire. Son discours a laissé sceptique la classe politique.
La déclaration avait beau être attendue, elle n’a pas rencontré le succès escompté. Le président Sarkozy avait annoncé lors de ses vœux à l’Outre-mer en Guyane qu’il s’adresserait tut particulièrement aux Polynésie. C’est chose faite, sous forme d’un message vidéo diffusé le vendredi 3 février en Polynésie.
"Un discours de candidat à la présidentielle". Nicolas Sarkozy a beau ne pas s’être déclaré, c’est le sentiment qu’a laissé son intervention télévisée auprès de la classe politique polynésienne. Les associations de défense des victimes des essais nucléaires lui reprochent de ressortir les mêmes rengaines en période pré électorale. "C’est de la poudre aux yeux", a déclaré Roland Oldhazm, président de l’association Moruroa e tatou.
"C’est juste une tentative de récupération des principaux thèmes qui ont jalonné son mandat et auxquels le camp souverainiste est particulièrement attaché", a déclaré de son coté le sénateur Tuheiava, qui a fait voter récemment une loi au Sénat pour la reconnaissance des conséquences écologiques des essais nucléaires.
Gaston Tong Song, en revanche, candidat à l’investiture UMP pour les législatives a salué le discours présidentiel "C’est le premier président à reconnaitre le fait nucléaire", a-t-il remarqué.
Révision du procès de Pouvana’a a Oopa
En effet, le chef de l’Etat a abordé dans son allocution ce "sujet dont on ne pouvait pas parler". Il a ainsi promis d’assouplir les conditions d’application de la loi Morin, sur l’indemnisation des victimes des essais nucléaires "afin que l’ensemble de l’île de Tahiti soit couverte, et que la liste des maladies retenues soit élargie. Le nouveau décret est aujourd’hui prêt, et dès que les associations locales auront été consultées, ce décret sera publié sans attendre," a-t-il promis, répondant ainsi à une demande insistante des associations de victimes.
Nicolas Sarkozy a également annoncé que les historiens auraient librement accès aux archives concernant Pouvana’a a Oopa Tetuaapua. Ce député puis sénateur polynésien, figure emblématique du mouvement anticolonialiste, a été condamné en 1959 à 8 ans de prison et 15 ans d’interdiction de séjour en Polynésie pour complicité de destruction d’édifices et détention d’armes. Amnistié en 1971, il a ensuite demandé en vain sa réhabilitation. "Pour ma part, j’autoriserai la consultation des documents contenus dans le fonds Foccart. Nous verrons bien, à la lumière de ces archives, si un procès en révision se justifie", a poursuivi le président.
"La Polynésie est autonome, la Polynésie n’est pas seule"
La crise ressentie sur le plan nationale l’est de façon encore plus violente Outre-mer. Dans l’espoir d’atténuer ses effets, Nicolas Sarkozy a donc présenté son intention de mettre en place trois mesures pour l’emploi.
La première porte sur les contrats de chantiers de développement. Le nombre sera porté à 3 500. "Cela signifie qu’autant de Polynésiennes et de Polynésiens pourront retrouver un travail, même temporairement".
Nicolas Sarkozy a ensuite annoncé avoir demandé à la ministre de l’Outre-mer Marie-Luce Penchard "de réorienter une large part des crédits contractualisés de l’État, qui sont aujourd’hui peu consommés en Polynésie, vers les programmes communaux prêts à démarrer. (…)De cette manière, les entreprises du territoire vont trouver un second souffle, les communes seront mieux dotées en équipements publics, et davantage de Polynésiens pourront trouver un emploi", a-t-il assuré.
Enfin le chef de l’Etat a réitéré son souhait de définir "un projet de développement économique et social sur les 10 ou 15 prochaines années. L’Etat y est prêt" a-t-il poursuivi.
Nicolas Sarkozy n’a pas manqué de souligner "l’attachement de la France à la Polynésie", et de rappeler la grandeur du peuple polynésien et son engagement au cours des différents conflits internationaux dans lesquels la France a été impliquée au cours des XXe et XXIe siècles. "Je souhaite, au plus profond de mon cœur, pouvoir venir à votre rencontre dans les mois qui viennent, sur cette terre du Pacifique où les civilisations polynésienne et française ont décidé d’unir leur destin, il y a 170 ans", a déclaré le candidat très probable à l’élection présidentielle.
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