L’équipe de France a perdu sans gloire et sans combattre, 2-0, face au Mexique. Même si la qualification est toujours possible, elle est extrêmement compromise.
La détresse d’Eric Abidal contrastait avec la joie des Mexicains hier soir - CHRISTOPHE SIMON ©AFP
Raymond Domenech avait décidé de changer une équipe qui ne gagne pas. Tout petit, ceci dit, le changement, puisque, comme convenu, Florent Malouda remplaçe Yoann Gourcuff, le Bordelais faisant seul les frais de la prestation insipide face à l’Uruguay (0-0). Le Guyanais prend le couloir gauche laissant Franck Ribéry se charger de l’axe et de l’animation offensive. Raymond Domenech a cédé et lui a confié les clés du camion. Avant le match, tout le monde était confiant, Patrice Evra en conférence de presse avait rassuré tout le monde en déclarant "cette équipe sera solide jusqu’au bout". La solidité défensive retrouvée devrait suffire à éteindre la vivacité des feu-follets mexicains, il ne resterait donc plus qu’aux attaquants à faire leur métier correctement et mettre ce fameux "Jabulani" (nom du ballon) au fond des filets.
Pourtant, la première mi-temps est mexicaine. Le Vert déferle à vagues mesurées toutefois sur le but d’Hugo Lloris dont les mains sauvent à plusieurs fois la maison comme elles l’avaient faîtes au Stade de France en novembre dernier face à l’Irlande. Face à ces autres verts, le gardien lyonnais avait été géant. Hier soir à Polokwane, il a retardé l’échéance en repoussant la tentative de Salcido (27e minute). Côté Bleus, pas grand-chose. Franck Ribéry fait du Ribéry, beaucoup de dribbles inutiles et pas mas de pertes de balle. Sidney Govou et Nicolas Anelka sont fidèles à eux-mêmes, inoffensifs. Seul Florent Malouda surnage parmi ce marasme. L’arbitre siffle d’ailleurs la pause sur un tir cadré du Martiniquais, son premier de la Coupe du Monde, capté facilement par le portier mexicain. L’orage est passé, pour l’instant, mais la suite va donner raison aux sceptiques.
Abandon total
Au retour des vestiaires, une nouvelle tête fait son apparition, celle du Toulousain André-Pierre Gignac à la place de Nicolas Anelka. Le Blues paye (enfin ?) son dilettantisme, son j’m’en-foutisme (ah son coup-franc à la 45e minute directement dans le mur et dont la contre-attaque qui suit coûte un carton jaune à Toulalan) et son comportement individualiste à ne vouloir en faire qu’à sa tête en décrochant ostensiblement au lieu d’occuper la pointe. Les hommes changent mais les effets tardent à se faire sentir et ce qui devait arriver va finalement advenir. Sur une passe en profondeur de Rafael Marquez, Javier Hernandez parti à la limite du hors-jeu s’en va tromper Hugo Lloris en un-contre-un. Un zéro pour le Mexique et personne ne peut crier au scandale. Plus grave, personne non plus pour sonner la révolte. Patrice Evra en bon capitaine est trop occupé à ne pas prendre le bouillon sur son côté gauche face au virevoltant Hernandez. Dix minutes plus tard, Eric Abidal commet l’irréparable sur Pablo Barrera dans la surface. Comme en 2008 face à l’Italie, l’Antillais coûte un penalty à la France. Cuauhtemoc Blanco, après une course de 20 mètres ( !), le transforme. Deux zéro, la messe est dite, c’est la première victoire des Mexicains contre les Français en compétition officielle en six rencontres. Les dernières dix minutes ne sont qu’un long calvaire pour les Bleus et leur sélectionneur. La rentrée de Mathieu Valbuena est anecdotique, beaucoup plus en tout cas que la gestion du cas Thierry Henry. Le joueur de Barcelone, emmitouflé dans sa parka et son bonnet, aura vécu du banc ce triste spectacle. Maigre consolation pour lui, il ne pourra y être associé.
La France conserve une petite chance de qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde.
La France sera qualifiée si :
- le Mexique et l’Uruguay ne se séparent pas sur un match nul
- la France bat l’Afrique du Sud en remontant sa différence de buts générale négative (-2) par rapport au Mexique (+2) ou à l’Uruguay (+3). En cas d’égalité, la qualification se décidera au nombre de buts inscrits, puis à la différence de buts particulière.
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