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Publié le 22/06/2010 | 11:31

COUPE DU MONDE. La fin du calvaire ?

Par Benoît JOURDAIN

C’est aujourd’hui que l’avenir de la France, qui affronte l’Afrique du Sud, se dessine. Vers 18h, on saura si elle a entamé son processus de rachat ou a définitivement sombré.

Parmi les 22, combien seront en état de jouer face à l’Afrique du Sud ? PATRICK HERZOG ©AFP "C’est l’image de la France que vous avez terni". C’est par ces mots, durs, que Roselyne Bachelot, la ministre des Sports, a donné son sentiment sur le comportement des Bleus qui ont refusé de s’entraîner dimanche suite à l’exclusion de Nicolas Anelka après ses insultes à la mi-temps de France-Mexique. Lors de son entrevue avec les Bleus, elle a joué sur la corde émotionnelle en évoquant le souvenir de Raphaël Ibanez, capitaine du XV de France qui avait déclaré à ses coéquipiers à la veille d’un match contre les All Blacks : "Comment voulez-vous qu’on se souvienne de vous ?". "J’ai dit aux joueurs que ce sont nos gosses, nos enfants, pour qui vous ne serez peut-être plus des héros. Ce sont les rêves de vos compagnes, de vos amis, de vos supporteurs que vous avez peut-être brisés", a-t-elle ajouté. A l’écouter, son discours aurait déclenché applaudissements et larmes chez les joueurs.

Des réactions que Raymond Domenech, le sélectionneur, ne s’attendait sûrement pas à avoir lorsqu’il s’est présenté face aux médias peu avant 19h à Bloemfontein, où l’équipe de France a atterri hier en fin d’après-midi pour jouer face à l’Afrique du Sud. Avant les questions des journalistes, il a tenu à s’expliquer sur les évènements du week-end : l’exclusion du joueur de Chelsea et le refus des joueurs de s’entraîner. "Je tiens à préciser que la sanction prise contre Nicolas Anelka est justifiée et que je soutiens la fédération dans cette décision, a-t-il déclaré avant les premières questions. Personne n’a le droit de se comporter de cette manière dans un vestiaire, surtout avec un devoir d’exemplarité des sportifs de haut niveau", a-t-il déclaré à propos du Blues.

Concernant le rocambolesque épisode du communiqué, il s’est justifié de la manière suivante : "Ca faisait 45 minutes que j’avais commencé à parlementer dans le bus, qu’avec le président, les membres du staff, je leur disais que ce qu’ils faisaient était une aberration, une stupidité sans nom, que c’était ahurissant, qu’il ne pouvaient pas se permettre de faire ça. Et puis je me suis dit, stop, il faut arrêter la mascarade et faire quelque chose, car tout était retransmis en direct, les gens avaient le droit de savoir. J’ai lu le communiqué, je suis parti, en aucune manière je ne cautionne cette attitude et ce document". En total désaccord avec le document et la manière, il s’est clairement positionné du côté de la Fédération face à ses joueurs. C’est dans ce contexte que les Bleus abordent ce qui peut-être leur dernier match de la compétition.

Place au jeu
Les onze joueurs qui seront alignés à 16h cet après-midi vont devoir oublier tous les récents épisodes pour se concentrer sur l’Afrique du Sud. La dernière chance, infime, de se qualifier pour les huitièmes de finale doit être jouée à fond, mais avec quels joueurs. Entre ceux qui mènent la fronde ("William Gallas, Eric Abidal, Thierry Henry peut-être", selon Henry Monteil, secrétaire général et numéro 3 de la FFF, qui s’est expliqué dans "La Charente libre" hier), ceux que l’entraîneur serait tenté de sanctionner vu leur comportement (Franck Ribéry), ceux qui sont rincés physiquement et émotionnellement et qui se sont très peu entraînés ces derniers jours entre la grève, les entrevues et les conférences de presse (Patrice Evra) et ceux pour qui le contexte pourraient être trop lourds (les nouveaux, les jeunes), faire la composition de l’équipe n’a jamais semblé aussi compliqué. "J’ai toujours fait l’équipe, (mardi) ce sera pareil, je ferai l’équipe que je veux, avec le staff", s’est justifié Raymond Domenech sans toutefois pouvoir en dire plus sur les joueurs qu’il alignerait puisqu’il n’en a tout bonnement pas idée. Certains évoquent aussi la possibilité de refuser de jouer, trop marqués et usés par les derniers évènements.

Face à eux, les Bafana Bafana n’auront aucun problème d’envie et de motivation. Ils joueront leur va-tout puisqu’ils possèdent également une petite chance de se qualifier en cas de défaite du Mexique ou de l’Uruguay et de large victoire face aux Bleus. Les Sud-Africains auront à cœur de briller face à leur public.
C’est deux équipes à la préparation diamétralement opposée qui s’affronteront cet après-midi pour un objectif commun : sortir de la Coupe du Monde avec les honneurs. Si pour les hôtes, une victoire suffirait à leur bonheur, pour leurs adversaires, rien n’est moins sûr. "J’ignore ce qui se passe réellement au sein du groupe. Une chose est certaine : une victoire n’enlèverait rien à ce qu’ils ont fait", s’est lamenté Aimé Jacquet. Il n’a pas tort…

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