Le fiasco d’hier soir des Bleus contre les Mexicains fait écho à celui de l’Euro 2008 en Suisse et Autriche. Deux ans après, les Français n’ont pas progressé.
Erica Abidal, André-Pierre Gignac et Patrice Evra n’ont pas su trouver les solutions face au Mexique de Giovanni dos Santos - CHRISTOPHE SIMON ©AFP
Il convient d’abord de préciser que l’équipe de France n’est pas encore éliminée. Il lui faudrait un incroyable concours de circonstances pour accéder aux huitièmes de finale et comme le dit Fabrice Jouhaud dans son edito dans L’équipe aujourd’hui, "franchement on s’en fout". Le mal et la déception sont immenses chez les supporters qui ont voulu croire aux paroles rassurantes de Raymond Domenech ou du capitaine Patrice Evra.
A chaque échec, le public réclame des têtes. Une est déjà assurée de rouler, c’est celle du sélectionneur Raymond Domenech. Lui qui rêvait de refaire le coup de 2006 (qui n’aura été finalement qu’une glorieuse exception menée par les joueurs eux-mêmes plus que par le sélectionneur) présentera désormais le curieux paradoxe d’être l’entraîneur qui a réussi à qualifier les Bleus à trois phases finales consécutives mais aussi celui qui a connu l’échec d’une élimination au premier tour d’une compétition internationale à deux reprises. Evidemment, il a une grosse part de responsabilités dans le choix des hommes. Il avait pourtant "mis des coups de fusil" en se privant des éléments perturbateurs de la fameuse "génération87" (Ben Arfa, Benzema, Nasri). Ce tri drastique n’a pourtant pas empêché les Bleus de ne pas transpirer la sérénité au cours de la préparation.
Des choix discutables
Même si les joueurs qui défilaient en conférence de presse répétaient à l’envi que "le groupe vit bien", l’isolement progressif de Yoann Gourcuff et finalement son éviction du onze de départ face au Mexique ont témoigné du contraire. La faute à qui ? Aux "cadres" dont on ignore précisément l’identité et l’influence réelle auprès de Raymond Domenech. Sont-ce eux qui ont eu la peau du Bordelais ? Ou alors ce dernier a-t-il vraiment payé la piètre prestation offensive face à l’Uruguay ? Les ego ont comme en 2008 pris le pas sur le groupe. Les prestations de Nicolas Anelka et Franck Ribéry en attestent. Le premier s’est baladé à sa guise sur le terrain délaissant sa zone d’attaquant de pointe, décrochant pour toucher des ballons, allant à droite, marchant, ne prenant que rarement la profondeur. Une attitude incompréhensible pour celui qui disputait sa première Coupe du Monde. Le second a voulu endosser le costume de patron. Il réclamait l’aile gauche, il l’a eue. L’insouciant de 2006 s’est mué en star quatre ans plus tard et la transformation a fait des dégâts. L’envie est toujours intacte, mais les choix sur le terrain sont contestables : fâcheuse tendance à tenter de trouver la solution seul, oubli de ses coéquipiers, manque flagrant d’efficacité. La gestion du cas Thierry Henry a également été désastreuse. Appelé à être remplaçant en début de tournoi le lobbying des "cadres" (encore eux) n’a pas payé. Entré en jeu contre l’Uruguay, on attendait que Domenech le titularise devant les difficultés de Nicolas Anelka. Peine perdue. Pire encore, l’entrée en jeu d’André-Pierre Gignac a sonné comme un terrible désaveu pour le Barcelonais. On peut désormais douter du soutien de joueur pour un coach qui "ne l’a pas respecté" dixit Christophe Dugarry sur le plateau du Canal Football Club.
Il ne reste plus qu’un match aux Bleus pour terminer cette Coupe du Monde dignement. Pour un sursaut d’orgueil ou alors pour boire le calice jusqu’à la lie ?
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