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Publié le 21/06/2010 | 19:01

COUPE DU MONDE. Nicolas Anelka, ombres et lumière

Par Benoît JOURDAIN

Suite à son expulsion du groupe samedi, Nicolas Anelka clôt son histoire avec l’équipe de France. Une histoire jalonnée de grands moments et zones d’ombres.

Nicolas Anelka, la tête un peu trop près du bonnet ? FRANCK FIFE ©AFP Ca devait être l’apothéose d’une carrière atypique ! A 31 ans, Nicolas Anelka disputait enfin sa première Coupe du Monde, celle qui devait le réconcilier avec le public auprès duquel il a toujours véhiculé une image confuse. Tour à tour, enfant prodige parti très tôt du PSG pour Arsenal, enfant gâté parti trop tôt de Londres pour le Real Madrid, talent gâché en Turquie à Fenerbahçe puis dans des clubs de seconde zone en Angleterre (Manchester City, Bolton), l’attaquant avait l’air d’avoir atteint l’âge de raison et la tranquillité à Chelsea qu’il avait rejoint en janvier 2008. Ce nouvel épisode dans sa carrière confirme donc ce que ses détracteurs lui ont toujours reproché : un caractère difficilement gérable, un arrogant difficile à cerner. Pourtant partout où il est passé, hormis au Real Madrid et lors de son second passage au PSG (2000-décembre 2002), il a laissé une bonne image et ses coéquipiers ont souvent surpris en décrivant "quelqu’un de très doux", selon Patrice Evra. Même Vicente Del Bosque, son coach au Real Madrid qui l’avait mis à l’écart 45 jours car il avait refusé de s’entraîner, se souvenait "d’un joueur au comportement correct" avec lequel il avait eu "une divergence de vue". Son capitaine à Chelsea, John Terry, s’est également fendu d’un commentaire réconfortant : "Je le dis honnêtement, Nico est vraiment un bon gars. Avant qu’il vienne à Chelsea, beaucoup de choses négatives avaient été écrites sur lui mais vous ne trouverez pas meilleur homme que lui dans le football". Les mauvaises langues diront que le défenseur anglais n’est pas la meilleure caution au vue de ses affaires de mœurs outre-manche.

Un lourd passif avec l’équipe de France
Aux yeux du grand public, il s’est révélé un soir de février 99 à Wembley où il inscrit un doublé sous le maillot bleu face à l’Angleterre. Une prestation qui entraînera des éloges, notamment ceux de Didier Deschamps qui le comparera à Ronaldo. Ce match n’est pas son seul coup d’éclat avec l’équipe de France. En mars 2007, à l’occasion des qualifications pour l’Euro 2008, il donne la victoire en inscrivant un but capital en Lituanie (1-0). En novembre dernier, c’est encore lui qui marque le but vainqueur lors du barrage aller face à l’Irlande. A côté de ses moments où son talent ne fait aucun doute, il y a des zones plus sombres, dues à son comportement, son ego. En 2003, il refuse une sélection quand Jacques Santini, alors sélectionneur, le convoque pour pallier une blessure. Refusant d’être traité comme un second couteau, il tourne le dos à la main tendue et lancera dans Paris-Match, "je n’ai pas besoin de l’équipe de France. Qu’il s’agenouille devant moi, s’excuse d’abord, et après, je réfléchirai". L’amour du maillot, c’est souvent ce qui lui est reproché. Tout supporter qui a vu son comportement durant la Coupe du Monde en Afrique du Sud a exécré sa nonchalance, son dilettantisme. Ses déclarations avant la compétition ("Je ne me suis jamais donné comme objectif dans ma vie, dans ma carrière, de faire un Mondial" a-t-il dit à l’AFP) ont fait écho à sa réaction lors de sa non-sélection en 1998. Exclu des 23 qui seront sacrés, il avait profité de son été pour "passer son permis". Son palmarès (un Euro en 2000, une Ligue des Champions la même année, un titre de champion d’Angleterre cette année), son talent naturel ne pèseront malheureusement pas bien lourd face à la dernière affaire à l’heure de son bilan. En quittant les Bleus samedi, il leurs a surement dit au revoir pour de bon… Nicolas Anelka ou comment gâcher sa sortie.

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