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Publié le 21/06/2010 | 12:48

COUPE DU MONDE. Retour à la normale ?

Par Benoît JOURDAIN

Une nouvelle semaine débute sur Knysna, centre d’entraînement des Bleus. Après le séisme du week-end et avant le match de mardi, les Bleus ont repris l’entraînement.

Les Bleus se sont entraînés dans le calme ce matin - PATRICK HERTZOG ©AFP Après le chaos de dimanche, l’équipe de France entame peut-être ses derniers jours en Afrique du Sud. Mardi, elle tentera d’arracher une qualification dont ses supporters n’ont finalement plus grand-chose à faire, trop attristés par un spectacle ahurissant qui entachera durablement son image déjà écornée par une qualification entachée de tricherie, par des prestations indigentes et sans saveur et par un scandale de mœurs. Nicolas Anelka, celui qui a tout déclenché, a posé le pied à Londres ce matin. Les insultes proférées à l’encontre du sélectionneur à la mi-temps de France-Mexique lui ont donc coûté sa place (il aurait déclaré "va te faire enculer, sale fils de pute" selon le journal l’Equipe de samedi). Exclu du groupe suite à la décision de Jean-Pierre Escalettes, le président de la Fédération Française de Football, prise "en plein accord avec le sélectionneur et les membres de la délégation présents à Knysna", l’attaquant de Chelsea a posé le pied dans la capitale anglaise à 6h49, heure locale. Quatre heures plus tard, 9000 km plus au sud, en Afrique du Sud ses anciens partenaires ont repris l’entraînement, normalement et dans le calme, à 11h ce matin. La grève de la veille n’aura donc duré qu’un jour comme si le professionnalisme avait repris sa place après une journée de dimanche marquée par le clash entre Robert Duverne, le préparateur physique, et Patrice Evra, le capitaine. La raison ? Le préparateur s’est indigné du refus des joueurs de s’entraîner pour protester contre l’exclusion d’un des leurs alors qu’ils n’avaient pas été consultés. La rumeur selon laquelle les joueurs l’auraient désigné comme la "taupe" par qui le scandale serait sorti des vestiaires était donc infondée, ce qui a été confirmé par les deux intéressés.

L’anarchie
On imagine donc l’ambiance ce matin, même si tout semble s’être bien passé en apparence, sur le terrain entre des joueurs qui ont défié la Fédération Française de Football hier par un communiqué lu par Raymond Domenech devant les journalistes ("Par ce communiqué, tous les joueurs de l’équipe de France sans exception souhaitent affirmer leur opposition à la décision de la Fédération française de football d’exclure Nicolas Anelka"). Un Raymond Domenech de plus en plus affaibli au sein de la Maison Bleue, n’ayant plus aucune autorité sur les joueurs, contraint (ou volontaire) de lire un communiqué qu’il n’a pas écrit et qui n’est pas monté dans le bus des joueurs au moment de quitter le terrain d’entraînement, le bien nommé "Field of dreams" (terrain des rêves), hier après-midi. Pour remettre de l’ordre dans la maison, Roselyne Bachelot, ministre des Sports, doit recevoir dans la journée à Bloemfontein, où l’équipe de France affrontera l’Afrique du Sud mardi, les principaux protagonistes du psychodrame sud-africain : Patrice Evra, Raymond Domenech et Jean-Pierre Escalettes. Le départ des Bleus pour Bloemfontein est prévu à 16h en avion. Puis normalement à 19h45, le sélectionneur et le capitaine sont censés se présenter face aux médias pour une conférence de presse très attendue. Si un calme apparent semble être revenu puisque "l’heure n’est pas à tirer des bilans" (pour l’instant), selon Roselyne Bachelot, les répliques du cataclysme ne devrait pas tarder à se faire ressentir au plus haut niveau. Les instances dirigeantes du football français sont sur la sellette, la FFF en premier lieu puisqu’elle a maintenu Raymond Domenech après le fiasco de l’Euro 2008.

Encore un match
Malgré tout cela, et c’est sans doute le plus grand paradoxe, la France n’est pas totalement éliminée. Une large victoire face à l’Afrique du Sud (par quatre buts d’écart minimum) conjuguée à une défaite de l’Uruguay ou du Mexique qui s’affronteront demain également, offrirait aux Bleus une place inespérée en huitième de finale. Cela les joueurs ne l’ont pas totalement oublié comme ils le mentionnent dans leur communiqué. "Nous n’oublions rien de nos devoirs et nous ferons tout individuellement et dans un esprit collectif pour que la France mardi retrouve son honneur par une performance enfin positive", ont-ils déclaré. Pas sûr toutefois qu’une telle préparation facilite un résultat. Entre un groupe au bord de l’implosion, un fond de jeu inexistant, un sélectionneur décrié à l’extérieur et en interne (selon Le parisien d’aujourd’hui, la rébellion serait menée par William Gallas, Florent Malouda et Eric Abidal), se qualifier serait un véritable exploit. Cela n’effacerait en rien ce qu’il s’est passé et le pire c’est que le public ne le souhaite pas. En effet, à la question "Souhaitez-vous toujours une victoire des Bleus face à l’Afrique du Sud mardi ?, les 8034 internautes ont répondu "non" à 75% sur le site sport.francetv.fr.

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