La Coupe du monde s’est achevée de manière pathétique pour les Bleus par une défaite contre l’Afrique du Sud. Entre méformes et mutinerie, les Ultramarins ont rarement été à la hauteur.
Nicolas Anelka et William Gallas n’auront pas été à la hauteur durant ce Mondial - FRANCK FIFE ©AFP
Nicolas Anelka
Il a abordé ce Mondial en tant que titulaire, reléguant son ami Thierry Henry sur le banc, il en a été exclu avant la fin du parcours. Avant les insultes à la mi-temps de France-Mexique, il avait clairement montré son désaccord avec la tactique mise en place par Raymond Domenech. Etre seul en pointe ne lui convenait pas et on l’a bien vu puisqu’il a passé ses matches à ne pas respecter les consignes, à décrocher pour toucher un ballon qu’il n’a rarement eu entre les pieds et qu’il a très mal utilisé lorsque c’était le cas. Dans les vestiaires, à la mi-temps du deuxième match contre le Mexique, Raymond Domenech lui répète une nouvelle fois, les insultes qu’il reçoit en retour obligeront le staff des Bleus à prendre une décision. Son refus de s’excuser publiquement confirmer par Jean-Louis Valentin, démissionnaire de son poste de directeur délégué de la FFF, hier sur TF1, a précipité son exclusion. Elle est synonyme de sortie de route pour le joueur, qui aura gâché sa première et dernière Coupe du monde. Son comportement a longtemps gangréné l’atmosphère du groupe en raison de ses inimitiés envers Yoann Gourcuff notamment. Ses 45 minutes contre les Mexicains seront sans doute ses dernières sous le maillot bleu.
Thierry Henry
53 minutes en tout. Pour ce qui est sans doute sa dernière compétition officielle, Thierry Henry a été très peu utilisé sur le terrain par Raymond Domenech. C’était le deal entre les deux hommes. Le meilleur buteur des Bleus (51 buts en 123 sélections) serait du voyage en Afrique du Sud s’il acceptait un statut de remplaçant et une perte du brassard. Durant la compétition, on l’a senti ailleurs. Pourtant ses entrées en jeu face à l’Uruguay et l’Afrique du Sud ont une nouvelle fois prouvé son professionnalisme et son envie de prouver à ses détracteurs qu’il n’était pas fini. En coulisses, l’homme aurait joué un rôle non négligeable dans les évènements du week-end dernier. Son aura, sa carrière ont fait que sa parole était toujours écouté. Son silence devant les médias était donc d’autant plus surprenant, mais à sa sortie des vestiaires, il a lancé sans s’arrêter au parterre de journalistes qui espérait une parole "je parlerai bientôt, ne vous inquiétez pas". La Coupe du monde n’est donc pas réellement terminée pour lui. Selon RMC, il aurait également prévu un crochet par l’Elysée ce jeudi pour rencontrer le Président de la République.
Florent Malouda
Meilleur joueur Français de la saison, son utilisation parcimonieuse par Raymond Domenech relève du mystère. On ne saura peut-être jamais à quel point ses accrochages avec le sélectionneur lui ont coûté sa place de titulaire lors du premier match contre l’Uruguay. Son rôle dans la mutinerie du week-end est également à éclaircir. Mais sa non-titularisation pour le dernier match face à l’Afrique du Sud, alors qu’il avait débuté la rencontre contre le Mexique, laisse penser qu’il a été sanctionné. Il restera toutefois dans les annales en qualité d’unique buteur français de cette Coupe du monde. A la sortie des vestiaires, il a été l’un des rares à s’exprimer. "Il y a eu une mauvaise gestion de la presse à l’extérieur, pas à l’intérieur du groupe. Psychologiquement, on a failli mais dans les jours à venir chacun donnera sa version des faits. On ne va pas accuser une personne ou une autre mais on laisse l’image d’un groupe refermé sur lui-même", a-t-il déclaré. Dans le Parisien d’aujourd’hui, il est également revenu sur les évènements du week-end. : "C’est une réaction par rapport à ce qui s’est passé avec Nico (Anelka). On a eu l’impression qu’on déplaçait la responsabilité d’un échec sur lui. (...) Les mots qui lui sont attribués sont faux", a justifié le Guyanais. Malgré tout ce qui s’est passé, il a confirmé vouloir continuer sous le maillot bleu en appelant toutefois à "changer beaucoup de choses et les régler en interne par un dialogue avec l’entraîneur qui arrive".
Eric Abidal
Il a commencé cette Coupe du monde au poste où il avait terminé l’Euro 2008, défenseur central axe gauche. A un poste qu’il connait peu (il joue latéral gauche en club), il a rarement été rassurant et a une nouvelle fois confirmé sa propension à des errements coupables puisque c’est lui qui provoque le penalty du 2-0 contre le Mexique. Le Martiniquais serait également un des cadres qui ont mené la Fronde du vestiaire après l’exclusion de Nicolas Anelka. Epuisé psychologiquement, il a même renoncé à jouer le dernier match de la compétition puisque selon les mots de Raymond Domenech, il était "vidé". Après le désastre sud-africain, il est revenu sur les évènements et promet des révélations. "C’est sûr que le groupe est déçu de ne pas pouvoir passer le premier tour. On avait beaucoup d’orgueil pour ce match, beaucoup d’envie. On y croyait jusqu’au bout. On veut s’excuser auprès des Français et de tous les supporteurs de l’équipe de France. On n’a pas fait le parcours que tout le monde aurait souhaité. Il y aura une explication de tout ça. On avait les joueurs pour mais, malheureusement, il y a des choses qui nous ont fait faire les mauvais choix. Ce sera dur de tourner cette page. On va en parler pendant pas mal de temps. On peut avoir honte, on n’avait pas le groupe le plus difficile", a reconnu l’Antillais.
William Gallas
Sa préparation avait été chaotique, sa compétition a été catastrophique, sur le terrain comme en coulisses. Revenant tout juste de blessure, il a entamé une course contre la montre pendant la préparation à Tignes, s’entraînant seul avant l’arrivée du reste du groupe. Montant progressivement en régime (45 minutes contre le Costa Rica, une heure face à la Tunisie et 90 minutes contre la Chine), ses prestations avaient alors conforté Raymond Domenech d’en faire son pilier de la défense. Rarement pris en défaut face à l’Uruguay, sa prestation contre le Mexique a été beaucoup plus sujette à critiques. Dépassé par la vivacité des petits attaquants mexicains, il n’était pas au niveau pour disputer ce Mondial. Son match face à l’Afrique du Sud l’a malheureusement confirmé, l’attaquant Mphela prenant régulièrement le dessus sur lui. En coulisses, il ne s’est pas illustré non plus. David Astorga peut en témoigner. Le journaliste de TF1 a eu droit à un doigt d’honneur en guise de réponse alors qu’il lui demandait quelques mots après la défaite au deuxième match. Au sein du groupe, il s’est également isolé lorsqu’il a appris qu’il ne récupèrerait pas le brassard de capitaine. Son comportement de diva et d’entraînement "à la carte" n’a pas plu. Pour lui aussi, cette Coupe du monde était la dernière, il paraît difficile d’imaginer que Laurent Blanc fasse de nouveau appel à lui.
Gaël Clichy
Arrivé en doublure de Patrice Evra, la mutinerie du week-end et la mise à l’écart du capitaine l’ont propulsé titulaire sur le côté gauche de la défense pour le dernier match. Lancé dans le grand bain, alors qu’il n’avait participé à aucun match de préparation, dans un tel contexte, le joueur d’Arsenal a tenté de surnager. Il a été pris en défaut sur le second but puisqu’il n’arrive pas à dégager devant Katlego Mphela qui n’aura plus qu’à pousser dans les filets. Durant les évènements du week-end, on ne sait pas trop où il s’est situé. A 24 ans, il représente l’avenir des Bleus et pourrait avec le changement d’entraîneur postulé avec plus d’insistance pour une place de titulaire surtout si le nouveau sélectionneur décidait de se passer de Patrice Evra après les épisodes de Knysna.
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