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Publié le 11/08/2010 | 12:02

FOOTBALL. La Norvège, une chance pour les Ultramarins

Par Benoît JOURDAIN

Benoît Trémoulinas, Guillaume Hoarau, Jimmy Briand et Loïc Rémy ont tous une carte à jouer avec ce déplacement de l’équipe de France en Norvège. Décryptage.

Guillaume Hoarau (à gauche) et Jimmy Briand ont été rappelés par Laurent Blanc, ils ont une carte à jouer - BERTRAND GUAY ©RFO Un train à prendre. Laurent Blanc, nouveau sélectionneur de l’équipe de France, a longuement insisté sur cette image au moment d’annoncer sa première liste jeudi dernier. Les 22 appelés ont tous une chance à saisir, une place à prendre… Appelez cela comme vous voulez, mais la non-convocation des 23 « frondeurs » d’Afrique du Sud à libérer des places dans le bus et sur le terrain. On imagine les revanchards de la génération 87 (Hatem Ben Arfa, Karim Benzema, Samir Nasri, Jérémy Ménez), oubliés par Raymond Domenech en juin dernier, prêt à monter dedans et occuper le terrain vide. Ils ne seront pas les seuls puisque les quatre Ultramarins retenus par Laurent Blanc ont tout a prouvé ou presque sous le maillot tricolore. Le plus expérimenté chez les Bleus est Jimmy Briand avec … trois sélections. Loïc Rémy n’en compte qu’une et les deux Réunionnais en ont aucune, même si Guillaume Hoarau a déjà été appelé en mars 2009, mais sans jouer. Pour tous les quatre, le plus dur désormais commence : s’installer sur la durée.

Jimmy Briand  : Transféré à Lyon cet été, l’ancien Rennais a souvent vu le train partir sans lui ! La faute à une vilaine blessure en mars 2009 lors d’un rassemblement avec la sélection avant un match contre la Lituanie. La rupture du ligament croisé du genou gauche l’a freiné et handicapé lui qui faisait déjà parti des six exclus de Tignes à la veille de l’euro 2008. Retenu parmi les 30 pour la Coupe du Monde, il a une nouvelle fois été écarté au dernier moment. Cet énième retour en bleu pourrait être le bon cette fois. La Coupe du monde a sûrement été la dernière compétition pour toute une génération de joueurs (Thierry Henry, Nicolas Anelka, Sidney Govou, Djibril Cissé), l’attaque tricolore est donc à reconstruire. Disposant de nombreux talents offensifs (la génération 87, les récents champions d’Europe des -19 ans), Laurent Blanc a choisi de rappeler l’Antillais, à lui de saisir définitivement sa chance.

Loïc Rémy : Le Niçois n’a été joué qu’une seule fois en équipe de France sous l’ère Domenech, c’était en juin 2009 à l’occasion du match amical contre le Nigéria (défaite 1-0). Depuis, l’attaquant a souvent été à la porte de la sélection sans jamais la franchir. Non retenu pour la Coupe du monde, même pas appelé dans les 30, il doit franchir un cap et il le sait. Nice est devenu trop petit pour lui. Ses transferts avortés l’hiver dernier à Lyon et Rennes ne l’ont pas découragé et il est déterminé à quitter cet été la Côte d’Azur. Rennes le veut mais c’est l’Angleterre qui l’attire. Liverpool s’est montré intéressé, tout comme West Ham, Stoke City ou Tottenham mais l’attaquant ne voit rien venir et est toujours à Nice. Son profil ressemblant à celui de Thierry Henry à ses débuts pourrait plaire à Laurent Blanc. Il est d’ailleurs probable que le nouveau sélectionneur l’aligne d’emblée aux côtés du géant réunionnais, Guillaume Hoarau. A l’instar de Jimmy Briand, le Martiniquais doit saisir la main qui lui est tendue.

Guillaume Hoarau : S’il ne se blesse pas, s’il réalise une bonne saison avec le PSG, le Réunionnais peut s’installer durablement en équipe de France. Laurent Blanc apprécie son profil qui lui rappelle celui d’un joueur qu’il a bien connu à Bordeaux, Marouane Chamakh. Grand, bon de la tête, puissant, technique, ce type de joueur est "atypique" pour reprendre le qualificatif du sélectionneur, dans le paysage footballistique français à l’heure actuelle. Ce dernier a d’ailleurs multiplié les compliments à son égard. "On dit que je l’apprécie, mais quand je le vois jouer samedi soir, je pense que beaucoup de gens doivent l’apprécier", a commenté le Cévénol. Son destin bleu est entre ses mains et une bonne prestation ce mercredi contre la Norvège lui assurerait de faire parti de la prochaine liste. Une bonne nouvelle qui lui fera peut-être oublier son transfert raté à Schalke 04 cet été.

Benoît Trémoulinas : C’est le seul petit nouveau de la bande des quatre. Révélé par Laurent Blanc sous le maillot de Bordeaux, c’est logiquement qu’il a été appelé par son ancien entraîneur. Les non-convocations d’office de Patrice Evra et de Gaël Clichy lui ont ouvert un boulevard vers la sélection. Il n’aurait pas été impossible non plus de le voir non plus si les 23 Mondialistes avaient pu être appelés. Son profil à la Lizarazu, autre illustre Bordelais, est un atout. Son pied gauche caviar également. Capable de multiplier les allers-retours dans son couloir gauche, il est une alternative crédible à gauche si Patrice Evra serait amené à ne plus porter le maillot tricolore (son cas doit être examiné par la commission de discipline de la FFF après les évènements en Afrique du Sud). Le souci pour le Réunionnais, c’est qu’il n’est pas le seul à postuler au poste d’arrière gauche. Si les places sont chères en attaque, elles sont hors de prix dans le couloir. Derrière Evra, il n’y a pas moins de cinq joueurs : Gaël Clichy (Arsenal), Aly Cissokho (Lyon), Benoît Trémoulinas, voire Eric Abidal et Mamadou Sakho. La probable titularisation du Lyonnais contre la Norvège prouve, si besoin était, que rien ne sera offert au Bordelais. Il en est conscient…

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