La coutume a été l’un des moments symboliques de la journée - BENOIT JOURDAIN ©La1ère.fr
Les Jeux du Pacifique débuteront en Nouvelle-Calédonie le 27 août prochain, mais pendant une journée le parc de la Villette a été le théâtre promotionnel de cet évènement sportif et culturel. De nombreuses personnalités du monde du sport et de la politique étaient là pour faire découvrir au public la XIVe édition de ces Jeux.
Le parc de la Villette un dimanche après-midi regorge toujours de monde. Entre les joggeurs, les parties de football improvisées sur la pelouse, ou ceux venus tout simplement prendre un bain de soleil, le lieu est idéal pour occuper sa dernière journée de repos avant de reprendre le chemin des bureaux. Mais ce dimanche, une surprise attendait les Parisiens, puisque juste au bord du canal de l’Ourcq se dressaient des chapiteaux et une grande scène à l’occasion de la journée "les jeux du Pacifique à Paris". Au menu, la découverte de l’artisanat local, des spécialités culinaires, des danses mélanésiennes, mais aussi "la mise en avant des sportifs et des valeurs de la Nouvelle-Calédonie pour un parfait teasing de ces Jeux", a expliqué Chantal Jouanno, la ministre des Sports, présente pour l’occasion.
La journée a d’abord débuté par la traditionnelle cérémonie coutumière, orchestrée par Pascal Sihazé, président du Sénat Coutumier venu insister sur les valeurs de respect et d’humilité. Les deux piliers de la culture kanakh que les personnalités et sportifs calédoniens ont voulu mettre en avant, tout au long de cette journée. Antoine Kombouaré, Christian Karembeu, Robert Teriitehau (ancien véliplanchiste), ou encore Diane Buy Duyet (nageuse, recordwoman de médailles aux Jeux du Pacifique) ont ainsi donné de leur personne à bord du va’a, ces pirogues polynésiennes qui feront partie des épreuves aux Jeux.
Un sport qui nécessite de la "coordination, car sur les embarcations, certains pagaient à gauche, d’autres à droite, il faut que les pagaies entrent en même temps dans l’eau", a résumé Julien-Pierre Goyetche, un nageur qui n’avait pas mis les pieds sur une pirogue "depuis longtemps".
Deux allers-retours le long du canal sous la chaleur, les vedettes ont mouillé le maillot, mais prouvé leur engagement. Elles étaient là pour ça et uniquement pour ça. Sous les feux des projecteurs depuis le rachat du PSG par le Qatar, son entraîneur a gentiment, mais fermement, éconduit tous ceux qui s’intéressaient de trop près à son avenir. Les mots d’ordre étaient la fête et la fierté de pouvoir promouvoir son île.
Découvertes et retrouvailles
A deux mois des Jeux du Pacifique, une trentaine d’athlètes calédoniens avaient fait le déplacement dans la capitale. Tous étaient unanimes pour saluer l’organisation d’une telle journée. "C’est très, très bien, on rencontre tous les autres athlètes qu’on ne connait pas forcément. Ca fait aussi du bien de voir Christian Karembeu et toute la compagnie (sic). En plus, avec la musique et l’ambiance, on se croirait chez nous", s’enthousiasmait Sylvie Mero, la volleyeuse. Un arrière-goût du pays souvent bienvenu pour des sportifs venus en Métropole continuer leur carrière, mais parfois esseulés à 22000 km de leurs racines. "Depuis le début du rassemblement, on retrouve des gens du pays, le langage revient (sourire), ça nous rappelle nos racines, ça nous donne de la force. La jauge remonte alors que son niveau était bas", a détaillé Jean-Christophe Taumotekava, karateka.
Un retour aux sources qui passe aussi par le plaisir de retrouver d’anciens camarades d’écoles. "Nous les athlètes qui vivons en France, nous ne sommes pas au courant de ce qui est fait au niveau des jeux, c’est malheureux. Cette journée fait chaud au coeur, j’ai revu des amis que je n’avais pas vu depuis le collège et qui ont suivi le même parcours que moi, qui sont venus vivre en Métropole", a expliqué Julien-Pierre Goyetche. Cette joie se mélange à de la fierté dès qu’ils voient leur culture mise en avant, ici à Paris.
John Trouillet, qui sera en lice en taekwondo, n’a pas boudé son plaisir : "C’est une grosse organisation, c’est bien de montrer la Nouvelle-Calédonie aux gens, de réaliser la chance qu’on a de vivre là-bas. Cette diversité est une chance". Ce pari de "lancer les jeux depuis Paris, une première", dixit Diane Buy Duyet, "s’inscrit dans le cadre de l’année des Outre-mer", a expliqué Pascale Bastien Thiry, la présidente de l’association NC 2011. "L’idée était de rendre les jeux visibles à Paris et en Métropole, de promouvoir les compétitions sportives, mais aussi de faire de la Villette, endroit très populaire, un lieu d’échanges, de fraternité", a-t-elle détaillé.
Un message repris par l’un des ambassadeurs de ces Jeux, Niypengo Passa, premier porteur de la flamme pour la délégation calédonienne aux premiers Jeux du Pacifique en 1963 aux îles Fidji. "Ce rassemblement est une idée formidable. C’est rare, il faut plus de liaisons entre le Pacifique et la Métropole. Là-bas, nous avons une vie spéciale basée sur le respect et les coutumes. Pourquoi ne pas organiser des rencontres de ce genre pour vivre dans l’harmonie et dans la paix ?", a rêvé cet ancien sauteur en hauteur. Une douceur dans les paroles et dans les attitudes qui n’ont pas laissé indifférent le public.
"Envie de vivre là-bas"
Venus en famille pour la cité des Sciences, Sabine, David et leur petit garçon Nolan, ignoraient "l’existence des Jeux du Pacifique". Si le couple s’étonnait du peu de relais et de publicité de la journée dans les médias, il saluait l’initiative : "C’est bien de faire connaître la Nouvelle-Calédonie. Habituellement, on la découvre via la télévision et les reportages mais bien souvent, on entend plus parler des Antilles...". Pas au courant non plus de la tenue d’un tel rassemblement, Barbara et sa fille Maryama étaient simplement venus "profiter du beau temps".
Cette opération séduction semblait porter ses fruits auprès de la mère désireuse de gagner le tirage au sort offrant un voyage en Nouvelle-Calédonie, et de l’enfant, au visage maquillée d’"un serpent, d’un igname et d’un arbre" qui salivait en pensant à "la nourriture" de l’île.
Autre couple mère-fille, autres plaisirs. Katherine et Elsa étaient au courant du rendez-vous, "j’y étais invitée", a précisé Katherine la maman. Charmées par la gentillesse des gens qui les ont accueillies dans les stands consacrés au tourisme, aux productions artisanales, elles ont également été impressionnées par "la richesse des fonds marins". "Ils développent l’écotourisme, ils ont conscience de leur patrimoine naturel et ont envie de le défendre" a observé Katherine. Le duo sensibilisé à ce "retour à la Terre" nourrissait l’envie de faire le voyage jusqu’aux antipodes. "Plus qu’y passer mes vacances, j’aimerai y vivre", a glissé Elsa. Sans doute la meilleure preuve de réussite d’une journée terminée aux sons des danses et des chansons calédoniennes.
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